Quid des cotutelles ?


Le fonctionnement des thèses en cotutelle

La formule des thèses en cotutelle a été adoptée par les universités françaises en janvier 1994, afin d’encourager les échanges avec des établissements européens. En octobre 1996, elle a été élargie aux instances universitaires québécoises grâce à la signature d’une convention entre la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) d’une part, et la Conférence des présidents d’universités (CPU) et la Conférence des directeurs d’écoles et des formations d’ingénieurs (CDEFI) d’autre part.

Les modalités d’une thèse en cotutelle apparaissent relativement simples. Le doctorant effectue sa scolarité et ses travaux de recherche sous la responsabilité commune d’un directeur de thèse en France et au Québec. L’étudiant alterne ainsi des séjours dans les deux universités. Il demeure inscrit dans chaque établissement mais ne paye les frais de scolarité que dans l’université où il étudie selon la période. Il est nécessaire d’effectuer au moins un tiers de sa scolarité dans l’établissement partenaire pour rendre le contrat de cotutelle valide.


Le déroulement des cotutelles

La convention de cotutelle

Avant d’entamer son parcours, le doctorant doit trouver ses deux directeurs de thèses. Plusieurs universités recommandent que ceux-ci démontrent une collaboration déjà établie, soit par la réalisation de recherches et de publications conjointes, soit par l’organisation commune de colloques, de séminaires et de conférences, etc...

Il ne s’agit toutefois pas d’une condition sine qua non, et une cotutelle de thèse peut justement déboucher sur la création de liens et de partenariats entre des professeurs, qui peuvent notamment déboucher sur la supervision d’un deuxième étudiant en cotutelle.

L’Université du Québec à Montréal précise qu’advenant le cas qu’il n’y a pas de collaboration formelle entre les directeurs, ceux-ci devront rédiger une lettre (conjointe ou individuelle) qui comprendrait les éléments ci-dessous. La lettre peut être aussi un courriel de la part des directeurs.

    1) La lettre doit confirmer leur engagement à superviser l’étudiant en cotutelle et manifester leurs intérêts et leur enthousiasme face à la cotutelle.

    2) La lettre doit spécifier l’apport scientifique de chacun (complémentaire ou non). Comment les expertises s’intégreront dans la thèse de l’étudiant et la formation doctorale.

    3) La lettre doit confirmer leur entente mutuelle en ce qui a trait au plan de formation de l’étudiant : planifier les activités de la scolarité (voir article 5 de la convention); qui fait quoi et quand?; qui assurera le leadership scientifique pour chacun des aspects de la recherche doctorale?

    4) La cotutelle sera-t-elle porteuse d’autres collaborations scientifiques entre les deux directeurs?

Les directeurs doivent ensuite définir le programme d’études du doctorant (scolarité, cours et séminaires, modalités des épreuves) et les périodes de résidence dans chaque établissement.

Chaque thèse en cotutelle est régie par une convention-cadre signée par les deux universités, où figurent le calendrier et le programme de la scolarité arrêtés pour la durée du doctorat.

Voir la Convention de l’Université du Québec à Montréal

Voir la Convention de l’Université Laval

Voir la Convention de l’Université de Montréal

Voir la Convention de l’Université de Sherbrooke

En raison des délais pour la signature de la convention de cotutelle, notamment de la part des universités françaises, il est recommandé aux étudiants de s’y prendre le plus tôt possible, dès le début de la première année, et même avant s’il connaissent déjà leurs directeurs de thèse.


Le déroulement de la scolarité

Une fois la convention de cotutelle signée, le doctorant connaît son calendrier et peut entamer sa scolarité. Il existe néanmoins des disparités assez importantes entre le programme au doctorat en France et au Québec, où la scolarité est généralement plus lourde. Certaines formations exigent également des stages en laboratoire ou en entreprise.

Dans l’élaboration de son calendrier de cotutelle, l’étudiant doit également tenir compte des différences dans le calendrier universitaire en France et au Québec. La scolarité en France s’effectue sur la base de semestres, d’une durée de 15 semaines. Le premier semestre s’étend du début octobre à la fin janvier. Le second semestre débute en février et se termine à la fin du mois de mai.
Les cours au Québec sont donnés en trois sessions : session d’automne (de septembre à décembre), session d’hiver (de janvier à avril), et session d’été. Celle-ci s’étend d’avril à la fin juillet, ou peut être sous forme intensive, avec deux cours par semaine. Il faut également constater que le choix des cours offerts pendant la session d’été est généralement moins est important qu’à l’automne ou à l’hiver.

Le doctorant alterne donc des séjours d’étude et de recherche dans son université française et québécoise. Les cours suivis outre-Atlantique doivent être validés par l’établissement d’origine, ce qui pose le problème de l’équivalence des notes. À cette fin, l’UQAM a arrêté un système d’équivalence entre les systèmes de notation en vigueur en France et au Québec (A+ : 15/20 et plus; A : 14/20; A- : 13/20, B+ : 12/20; etc...).

Pour encadrer son séjour à l’étranger, le doctorant doit remplir toutes les démarches administratives nécessaires, notamment pour l’obtention du visa étudiant. Les Québécois doivent se tourner vers le Consulat de France à Montréal ou à Québec. Les étudiants français doivent, quant à eux, s’adresser aux services de la Délégation générale du Québec à Paris. Pour l’obtention de leur Certificat d’acceptation au Québec pour études (CAQ), il leur sera demandé une preuve de capacité financière. Une fois le CAQ obtenu, l’étudiant devra transmettre l’exemplaire marqué « Immigration Canada » au Bureau canadien des visas, situé à l’ambassade du Canada à Paris, qui étudiera sa demande de permis d’études.

Il convient également de souligner les difficultés administratives qui peuvent se présenter aux doctorants lors d’une prolongation de la convention de cotutelle. Le doctorant devra donc compléter un addendum à sa convention de cotutelle de thèse, établissant la prolongation du calendrier de la scolarité et la date prévue pour la soutenance. Cette démarche peut s’avérer assez longue, puisque tous les signataires de la convention de cotutelle doivent ratifier l’addendum.

Étant donné les périodes légitimes d’adaptation lors du séjour à l’étranger et les aléas lors des recherches et de la rédaction de la thèse, il est conseillé aux étudiants de prévoir un calendrier assez long, afin de ne pas avoir à effectuer des démarches pour la prolongation de la cotutelle.


Le paiement des frais de scolarité

À la différence des échanges CREPUQ, où l’étudiant ne paye ses frais de scolarité que dans son établissement d’origine, les doctorants en cotutelle de thèse sont soumis à un autre régime. Ils doivent, en effet, compléter leur inscription administrative dans les deux universités, mais ils ne s’acquittent des frais de scolarité que dans l’établissement où ils suivent les cours, conformément au calendrier établi dans leur convention de cotutelle.

Il existe cependant de grandes disparités dans le montant des frais de scolarité entre les universités françaises et québécoises. En France, les droits de scolarité pour l’année 2007-2008 s’élevaient à 326 euros.
Au Québec, les universités exigent des frais plus élevés. En vertu d’un accord entre les gouvernements français et québécois, les ressortissants français sont soumis aux mêmes droits de scolarité que les étudiants québécois, mais les frais de scolarité s’élèvent néanmoins à 934,05$ par session pour un étudiant inscrit à temps plein et qui suit des cours. Lorsque le doctorant a fini sa scolarité, le coût d’une session en rédaction de thèse s’élève à 312$ par trimestre. Les étudiants français qui doivent se rendre au Québec doivent donc prendre en compte cette dimension financière.

Si les étudiants peuvent compter sur des bourses de leur établissement, il existe un programme spécifique consacré aux cotutelles de thèse. Le Programme Frontenac est dirigé par le Consulat de France à Montréal, pour les étudiants français, et par le ministère des Relations internationales pour les étudiants québécois.
Chaque année, une trentaine de bourse est distribuée à des étudiants inscrits en première année de cotutelle. Plus d’informations sont disponibles dans la section Liens de notre site, cliquez ensuite sur Programmes de bourses.

Si les étudiants français sont soumis au même régime que les Québécois, il n’en est pas de même pour les étudiants étrangers. Ainsi, les personnes résidant et étudiant dans l’Hexagone, mais qui ne possèdent pas la nationalité française, doivent prendre en compte les frais de scolarité majorés réclamés aux étudiants étrangers par les universités québécoises.
Comme le précise la lettre du 18 novembre 1998 de la CREPUQ au président de la Conférence des Présidents d’Université, « il convient toutefois de souligner que cet étudiant ne pourrait se prévaloir des ententes franco-québécoises relatives, notamment, à la protection sociale et à l’exemption des droits de scolarité supplémentaires exigés des étudiants étrangers ». En d’autres mots, les étudiants « non français » seront facturés comme des étudiants étrangers, c’est-à-dire des frais majorés seront chargés. Compte tenu des sommes impliquées, il est très important de leur souligner qu’une année au doctorat coûte environ 6,135$ en frais de scolarité et qu’en plus, il faut ajouter les autres frais (assurance sociale et médicale si l’étudiant ne peut prouver qu’il en possède déjà une – environ 700$ pour l’année, association étudiante, centre sportif, etc.). Ces frais sont payables en deux trimestres.


Les étudiants étrangers, autres que les Français, peuvent demander une bourse d’exemption des frais majorés. Deux façons leur sont possibles :
    1) Certains pays ont une entente de réciprocité avec le Québec. Un quota de bourses d’exemption des frais majorés y est déterminé. Pour avoir accès à ces bourses du MEQ, les étudiants de ces pays doivent déposer leur candidature auprès de leur gouvernement. S’ils sont acceptés, ils pourront être facturés selon les mêmes taux qu’un étudiant québécois. Pour la démarche administrative après l’acceptation d’un étudiant, ce sont les deux gouvernements qui s’en chargent et alors, le MEQ informe le registrariat.

    2) L’autre solution est de bénéficier de bourses de l’université d’accueil. Dans le cas de L’UQAM, une fois qu’un étudiant étranger est inscrit à l’UQAM et qu’il n’a pas obtenu de bourse d’exemption du MEQ, le Bureau de la coopération internationale (BCI) de l’UQAM offre annuellement un certain nombre de bourses d’exemption de frais de scolarité qui varie d’une année à l’autre selon le budget disponible. Le premier critère de sélection est l’excellence académique. L’attribution des bourses se fait par voie de concours à chaque automne. Généralement, les appels de candidature se font vers la 3e semaine d’août auprès des directions de programme et la date d’échéance est aux environs de la 3e semaine de septembre. Les étudiants doivent constituer leur candidature en prenant soin d’inclure leur dossier académique et les lettres de références demandées. Ensuite, les étudiants doivent déposer leur dossier auprès du BCI. Pour plus d’information, les étudiants doivent aller voir les directions de programme.
    Des mesures similaires existent à l’Université de Montréal et à l’Université Laval.

La soutenance

Après plusieurs années de dur labeur, la soutenance de thèse constitue l’étape finale, mais ô combien décisive, du parcours du doctorant. La première étape est le dépôt de la thèse, qui va être évaluée par les membres du jury avant la soutenance. L’étudiant doit donc déposer plusieurs exemplaires de son travail au département de son université d’origine, et, généralement, il doit en envoyer dans son établissement partenaire.

La thèse donne lieu à une soutenance unique, dans l’université française ou québécoise, qui est reconnue par les deux établissements. Le jury est généralement composé de 5 membres : outre les directeurs de thèse français et québécois, des professeurs des deux universités sont traditionnellement invités à participer au jury. La présence d’un membre extérieur aux deux établissements est néanmoins obligatoire.

La soutenance de thèse peut soulever des difficultés, notamment pour trouver des spécialistes du sujet de recherche dans les deux pays. Les plus gros problèmes restent cependant d’ordre financier : il faut, en effet, payer le déplacement d’une ou deux personnes, à savoir le directeur de thèse de l’université partenaire et un éventuel membre français ou québécois du jury.
Sur ce point, les choses sont complexes. Les universités québécoises prévoient généralement un certain budget consacré aux frais de soutenance, mais cette somme varie selon les établissements. Il semble que les universités françaises n’aient pas encore adopté de telles mesures.
Le déplacement des membres du jury constitue donc un problème auquel les étudiants et leurs directeurs de thèse vont être confrontés. La situation se règle souvent au cas par cas. Des directeurs de thèse vont par exemple jumeler la soutenance avec un déplacement pour un colloque ou un séjour de recherche outre-Atlantique. Certains vont faire appel à leur laboratoire ou à des fonds propres de recherche.
Cette situation constitue l’un des plus gros problèmes liés aux cotutelles de thèse. Pour ces raisons, plusieurs universités ont recours à des soutenances par vidéoconférence. Le directeur de thèse qui n’a pu faire le déplacement participe par ce biais à la soutenance de son étudiant.

À l’issue de la soutenance, les membres du jury doivent s’entendre sur la nature de la mention décernée au Québec (mention Excellent, Très bien, Bien) et la mention française (Très honorable avec félicitations du jury, Très honorable, Honorable).

Une fois la thèse soutenue, l’établissement français s’engage à décerner à l’étudiant le grade de Docteur, et l’établissement québécois celui de PhD. Le libellé de chaque diplôme fera mention de la collaboration de l’établissement partenaire ainsi que de la cotutelle.

Après la soutenance, les étudiants reçoivent la copie des rapports des membres du jury, et peuvent effectuer les corrections mineures avant le dépôt final. Si certaines universités acceptent des versions électroniques, gravées sur CD, et s’occupent de la reproduction, d’autres exigent des versions papier. Il convient alors de s’assurer du format du papier, Letter au Québec et A4 en France. Les thèses seront ensuite disponibles dans les bibliothèques des deux universités.


Des chiffres

Cette formation suscite un intérêt croissant chez les étudiants. Selon le rapport du CCIFQ en 2004, 105 thèses en cotutelle ont été officiellement complétées entre 1995 et 2004. Pendant cette période, les universités françaises avaient décerné 1 041 thèses en cotutelle avec des établissements de 69 pays à travers le monde : avec 10% du total, le Québec constitue le premier partenaire des universités françaises, devant l’Italie.
D’autres chiffres attestent de l’augmentation du phénomène : on recensait, en effet, 119 étudiants français au Québec inscrits en cotutelle à l’automne 2002, 140 l’année suivante.


Un portrait des cotutelles de thèse

Le colloque organisé le 1er juin 2007 par l’AFDCFQ a permis de dresser un portrait des étudiants inscrits en cotutelle de thèse. Si le nombre d’étudiants en cotutelle varie logiquement selon la taille des établissements, on observe également des disparités dans le choix des disciplines, chaque université ayant des domaines de prédilection.

L’Université de Montréal, et ses composantes, est l’établissement le plus actif dans ce domaine. Selon les chiffres cités par Yves Guay, Conseiller en relations internationales à l’UdeM, 330 inscriptions en cotutelle ont été entamées entre 1996 et 2006, et 254 dossiers demeurent encore actifs. À l’automne 2006, on dénombrait 2 660 étudiants inscrits au doctorat à l’UdeM, ce qui signifie que les cotutelles représentent 9,5% des thèses en cours de réalisation.
Ce groupe est composé à 55% d’étudiants français, et à 45% de Québécois. Les disciplines les plus représentées sont le Droit, la Médecine, les Lettres et Sciences humaines, notamment la littérature et la philosophie, et enfin la Kinésiologie. La grande majorité des étudiants s’orientent vers des établissements parisiens, notamment les Universités de Paris III, Paris IV, Paris V, Paris VI, et l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Au 15 décembre 2006, l’Université Laval comptait 103 dossiers de cotutelle actifs. Marc Pelchat, Doyen de la Faculté des études supérieures, a indiqué que 79 personnes ont été diplômées depuis l’année 2000-2001 : ce groupe était composé de 52 étudiants français, et 27 Québécois.
Parmi les doctorats faisant l’objet d’une cotutelle de thèse, 44% sont dans le domaine des Sciences humaines (histoire, droit, philosophie, anthropologie, théologie), 43% dans les Sciences naturelles et le Génie (génie civil, génie électrique, génie mécanique, physique, géographie, océanographie), et 9% dans les Sciences de la santé.

Depuis 1996, 125 thèses en cotutelle ont été entamées à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Selon Réjeanne Cloutier, Coordinatrice au Bureau de l’enseignement et des programmes de l’UQAM, ce groupe est composé de 70 étudiants français, parmi lesquels on compte 25 diplômés, 33 doctorats en cours, et 13 abandons, et de 55 étudiants québécois, dont 31 poursuivent leur scolarité, 15 ont obtenu leur diplôme, et 10 ont abandonné. Comme le souligne Madame Cloutier, les abandons ne signifient pas forcément l’arrêt de la thèse, mais bien la fin du processus de formation en cotutelle.
Les Sciences humaines et sociales sont les mieux représentées à l’UQAM. En effet, 50 des 70 étudiants français travaillent dans ce domaine (dont 9 en histoire, 9 en sociologie, 8 en science politique, 7 en philosophie), 15 d’entre eux étudient en Sciences Pures et appliquées (dont 4 en science de l’environnement), et 5 en Arts et Lettres.
On compte parmi les 55 étudiants québécois, 36 personnes en Sciences Humaines et sociales (dont 12 en philosophie, 8 en histoire), 12 en Arts et Lettres, 7 en Sciences pures et appliquées.

L’Université de Sherbrooke compte, pour sa part, 98 doctorats ayant fait l’objet d’une cotutelle depuis 1995. Sur ce total, 36 étudiants sont des Canadiens ou des résidents permanents, et 62 sont Français. On dénombre 51 diplômés, 30 dossiers en cours, et 17 cotutelles abandonnées.
La répartition disciplinaire varie quelque peu à l’Université de Sherbrooke, puisque la grande majorité des cotutelles sont dans le domaine du Génie. En effet, les chiffres cités par Sonia Morin, Adjointe au Vice-rectorat de l’Université de Sherbrooke, mentionnent que 80 cotutelles sont entreprises dans le domaine des Sciences et du Génie, soit 82% du total, contre 14 en Arts, Lettres, Sciences humaines et sociales (14%), et 4 dans les Sciences de la santé (4%).
L’âge moyen des étudiants québécois au moment d’entreprendre leur doctorat est de 27 ans et demi, contre 25 ans et demi pour leurs homologues Français. Si l’on compte une majorité (80%) d’hommes inscrits en Sciences et Génie, la proportion de femmes est plus importante en Lettres et Sciences humaines (79%). La durée moyenne des doctorats est de 11,2 trimestres, mais les étudiants qui abandonnent leur cotutelle le font généralement après 6,5 trimestres.

À la lumière des ces chiffres, on peut légitimement estimer que plus de 700 étudiants français et québécois ont effectué, ou poursuivent, une formation doctorale en cotutelle.
Il faut toutefois constater que la formation en cotutelle reste relativement marginale. En 2001, les thèses en cotutelle ne représentaient 1,59% des doctorats en cours au Québec, et ce chiffre tombe à 0,39% chez les thésards français.
Conséquemment, la formation doctorale en cotutelle reste relativement méconnue, notamment par les enseignants et dans bien des cas, il apparaît que ce sont les étudiants qui sensibilisent leur directeur à cette formation. De plus, les jeunes professeurs eux-mêmes diplômés en cotutelle constituent souvent une référence au sein de leur département pour leurs collègues désireux d’en savoir plus.

L’Association pour la formation doctorale en cotutelle France-Québec a donc pour mission de relayer l’information sur ce type de doctorat, et de créer un lien entre les 700 étudiants qui ont réalisé ou qui effectuent une cotutelle.


L’avenir des cotutelles

Même si elle reste marginale, les thèses en cotutelle offrent ainsi l’opportunité aux doctorants de poursuivre leur scolarité dans les deux pays, et d’obtenir un double diplôme. L’intérêt d’une telle formation n’est donc pas à démontrer, et le nombre croissant d’étudiants à s’en prévaloir le démontre.
Si les universités françaises proposent déjà des cotutelles avec de nombreux établissements à travers le monde, il est remarquable de constater que les universités québécoises étendent à leur tour des partenariats de cotutelles avec des pays étrangers. L’Université de Montréal compte ainsi plusieurs cotutelles engagées avec la Belgique, l’Allemagne et la Suisse. L’UQAM a développé des liens avec l’Italie et la Belgique.
Tout porte à croire que les cotutelles de thèse sont amenées à connaître un développement rapide dans les prochaines années, soulignant, s’il en était besoin, l’intérêt d’une telle formation.